par Patrick Giani
Aussi bien dans les cours que lors des conférences, il m’arrive
fréquemment de préciser la différence entre la notion d’influence
planétaire et celle de “résonance planétaire”. Pourquoi ?
Parce que ce concept de résonance implique la réciprocité: l’échange d’énergies
ou de vibrations entre le Cosmos et la Terre, les constellations et les planètes,
l’homme et les planètes, et réciproquement. Alors que la notion d’influence implique
une séparation, un peu comme si les planètes envoyaient des sortes de flèches
sur nos têtes, telles les foudres de Jupiter !

Le concept de résonance implique la participation de celui qui reçoit
la vibration, tout comme le tympan de l’oreille vibre à l’écoute
d’une musique. Prenez une guitare et pincez l’une de ses cordes,
vous pouvez aisément vous rendre compte de la vibration qu’elle produit
: sur la caisse de la guitare d’abord, sur votre corps si vous la
tenez contre vous, et dans l’air ensuite puisque les personnes présentes
dans la pièce entendront la note émise. Votre corps va réagir en
se relaxant, ou en se crispant si le son est désagréable ; les personnes
présentes dans la pièce vont également réagir, mais de manières différentes:
l’une va tressaillir, une autre sursauter, une autre sera émue, une
autre encore n’y accordera pas d’attention.
Il en est de même pour la résonance d’une planète. Elle agit sur
plusieurs niveaux et suivant le niveau de réceptivité des éléments
qui la reçoivent: elle entre en résonance avec les autres planètes,
avec la Terre et l’homme, et à un niveau plus subtil avec notre âme.
Tout dépend alors de l’échange qui se produit entre ce qu’elle émet
et ce que nous lui renvoyons. Suivant son degré d’évolution, l’être
humain percevra les vibrations les plus basses de la planète - et
les “encaissera” avec plus ou moins de bonheur - ou bien il percevra
les vibrations les plus hautes, les plus subtiles, et il les utilisera
de façon consciente pour son évolution propre. Comme le disait avec
sagesse Ptolémée au premier siècle de notre ère : “Le sage domine
ses astres, le fou est dominé par eux”. C’est la raison pour laquelle
nous voyons tant de personnes chahutées par les planètes des remises
en question: Uranus, Saturne et Pluton. Elles n’en perçoivent pas
les vibrations les plus subtiles parce qu’elles ne les connaissent
pas. Elles ne connaissent pas leurs fonctions positives et c’est
pourquoi elles subissent leurs “influences”.
Vous direz que nous avons de la chance de faire de l’Astrologie et
vous avez raison. En étudiant les fonctions de chaque planète, nous
avons un “plus” par rapport au commun des mortels. Mais il n’est pas nécessaire de pratiquer
l’Astrologie pour comprendre les énergies cosmiques et entrer en résonance avec
elles de façon positive. Certaines sciences humaines et certaines voies spirituelles
arrivent au même résultat. Alors que nombreux encore sont les astrologues qui
continuent de “croire” à ”l’influence néfaste” de Saturne ou de Pluton...
Au niveau de la consultation, ce concept de résonance permet de relativiser
les aspects et transits dissonants du thème étudié, et surtout de
se mettre “en phase” avec la personne qui vient consulter. Ainsi,
il apparaît plus sage de se mettre en résonance avec elle - au niveau
de son âme si possible - plutôt que d’analyser de façon systématique
tous les éléments de sa Carte du ciel, au risque en fait de... l’influencer. Si vous démontez une montre, vous aurez devant les
yeux toutes les pièces de cette montre, mais vous n’aurez plus l’heure! Alors
que, d’un simple coup d’oeil et en faisant appel à votre intuition, vous savez
si la personne qui est venue prendre conseil est à l’heure de Saturne ou à celle
d’Uranus...
En fait, il faut se méfier d’une attitude, que nous avons TOUS à
certains moments de l’existence, qui consiste à se dissocier de la
planète transitante. Bousculés, éprouvés ou inquiets, nous avons
tendance à penser ou à dire : “Vivement que Saturne (ou Pluton) termine
son transit, parce que j’en ai marre!” Si cette réaction est compréhensive
car humaine, nous devons veiller à ce que notre ego ne prenne l’habitude
de considérer le transit comme extérieur à lui, et qu’il accepte
de se remettre en question. Aussi, il est important de veiller au
langage astrologique que l’on emploie. Si nous séparons les “mauvais”
aspects des “bons”, les planètes “maléfiques” des “bénéfiques”, nous
n’irons pas bien loin dans la compréhension de leurs énergies. De
même, si nous focalisons sur les techniques prévisionnelles au détriment
du développement de l’intuition et du travail sur les énergies de
notre Thème, nous nous priverons de la joie immense que peut apporter
l’Astrologie à celui qui la vit au quotidien: la joie de ressentir
en soi la façon dont évolue l’énergie d’une planète natale, la
compréhension des différents plans d’expression des énergies planétaires,
et les formidables leçons qu’elle peuvent nous
apprendre.
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