par Patrick Giani
Les origines de l’Astrologie se perdent dans la nuit des temps.
On peut même penser qu'elle est aussi vieille que le monde, ou tout
au moins que sa naissance coïncide avec la prise de conscience par
nos ancêtres d'être reliés au Cosmos.
Tout d'abord grâce à la Lune,
qui déterminait les semailles et les récoltes, puis grâce à Vénus
et Mercure, dont les phases servaient de repères aux bergers et aux
voyageurs de commerce.
Aussi loin que l'on remonte dans le temps, ce sont souvent ces trois "planètes" (l’astre
du jour avec Mercure et Vénus) qui reviennent dans les textes anciens.
Ainsi, à Sumer, vers 3000 avant Jésus-Christ, les Babyloniens accordait
beaucoup d'importance à leurs courses dans le ciel (tout autant qu'aux
rêves, qui étaient considérés comme une source de prédictions incontestable).

Une des tablettes de Mésopotamie (Musée de Bagdad)
sur laquelle
on reconnaît le Soleil, la Lune,Vénus et même le signe du Scorpion
Sous les mêmes cieux et un peu plus tard, les Chaldéens s'intéressent
de plus en plus aux astres. Si bien que les premières générations
d'astrologues-astronomes (à l'époque, il n'y avait pas de différence)
deviennent très rapidement pointus en matière de prévisions, tant
pour les récoltes que pour les destins royaux (on a retrouvé récemment
l'un des premiers horoscopes de l'époque).
L'un d'eux, Bérose (spécialisé dans le rapport astrologie-météorologie)
apporta en Grèce tout son savoir. Passionnés par cette nouvelle science,
les grecs élaborèrent alors le Zodiaque tel que nous le connaissons
aujourd'hui, avec ses 12 signes de 30°. Il n'en fut pas toujours
ainsi: le Zodiaque des égyptiens comportait aussi 12 signes mais
la grandeur de chacun était inégale. Néanmoins, on retrouvait nos
12 signes, comme on peut le constater ci-après, dans le Zodiaque
de Denderah (dont l’original se trouve au Musée du Louvre).

De l’autre côté du globe, une astrologie voit aussi le jour, celle
des Aztèques, mais elle n’utilise pas les mêmes repères astronomiques.
A l’étude des phénomènes célestes, notamment celui des éclipses solaires
et lunaires, s’ajoute les visions et les oracles des prêtres qui
s’inspirent des dessins de la Voie Lactée. Bien entendu, une vulgarisation
de ce type d’astrologie va donner naissance aux calendriers mayas,
dont se servent les agriculteurs pour leurs semailles et leurs récoltes
(voir ci-dessous).

Nous n’oublierons pas de citer, parmi les plus anciennes écoles
d’astrologie dans le monde, celle des Indous qui reste encore de
nos jours l’une des plus anciennes et des plus performantes (voir
dessin du Zodiaque ci-dessous).

Sans oublier celle des tibétains qui continue de présider aux grandes
décisions de leur peuple. Ainsi, chaque grand Lama consulte régulièrement
les astres, et le Dalaï Lama en personne a son propre astrologue
(voir ci-dessous le calendrier tibétain).

C'est au Moyen-Age que l'astrologie va connaître
son heure de gloire: la plupart des universités d'Europe comptera,
entre 1450 et 1650, sa chaire d'astrologie. Beaucoup d'astronomes,
tels Tycho Brahé, Copernic, Képler et Newton, étudiaient sérieusement
l'Astrologie.

Mais la vulgarisation des almanachs et des horoscopes, et surtout
l'amalgame qui fut fait entre cette science et la magie, la discréditèrent.
A l'époque, la classe dominante n'hésitait pas à faire supprimer
certaines personnes gênantes (amants, maîtresses, témoins, etc.)
en faisant appel à des sorciers. En effet, parmi les alchimistes
et les rebouteux de l'époque, certains vendaient leurs potions (et
leurs âmes!) contre "monnaie sonnante et trébuchante".
A la suite de "l'affaire des poisons", le ministre Colbert
mit tout le monde dans le même sac et bannit l'enseignement de l'astrologie
des universités françaises. Depuis cette date (1666) l'astrologie
fut reléguée au banc des sciences divinatoires, voire de la superstition...
Le milieu scientifique du début du XXème siècle entrepris de l'achever
de façon définitive en prétextant que les astrologues utilisaient
un "faux zodiaque", mais malgré ces attaques injustifiées,
les astrologues des années 70 et 80 allaient la faire ressusciter.
Depuis, les passionnés d'Astrologie se comptent par centaines de
milliers, les sciences humaines comme la psychologie ou la sociologie
y font référence, et les astrologues sont de plus en plus considérés.
Désormais, on peut dire que l'Astrologie a de beaux jours devant
elle et qu'elle continuera de nous étonner encore longtemps. Car
elle a la particularité de s'adapter aux différentes époques et aux
différentes moeurs de chaque peuple dans son évolution. Ce n'est
pas pour rien si les anciens l'avaient baptisée: "La voie royale
des astres".
© 2002-2010 Patrick Giani - tous
droits de reproduction,
de traduction et d'adaptation reserves pour tous pays.
Faire demande par email.

Autres articles sur l'Astrologie
écrits par Patrick Giani
|